Commençons par le commencement : la toponymie du village. Le nom de Metz-Tessy trouve ses origines dans le latin : “Metziacus”, puis “Metz”, probablement un dérivé du nom d’un propriétaire gallo-romain. “Tessy” évoque quant à lui “Tessiacus”, du nom d’un domaine antique. Au fil des siècles, ces deux entités se sont rapprochées jusqu’à former, au XIX siècle, la commune actuelle, fusion administrative datant de 1869 (Annuaire-mairie.fr).
Bien avant l’époque contemporaine, le territoire servait de point de passage entre Annecy et Rumilly, hébergeant plusieurs fermes et domaines, ainsi qu’un petit bourg animé lors des foires et marchés. Ce passé agricole conserve toute son importance dans le tissu local, notamment à travers certaines histoires de familles.
Le patrimoine oral de Metz-Tessy ne possède pas de grand mythe à la notoriété nationale, mais regorge de petites histoires, de faits divers insolites, de croyances et de traditions qui témoignent de l’attachement des habitants à leur terre.
Construction médiévale, la chapelle Saint-Martin est un site qui attire la curiosité, en particulier en raison d’un épisode raconté lors des veillées. Au XVIII siècle, des villageois relatent qu’un éclair aurait frappé la toiture lors d’un violent orage, sans provoquer d’incendie – considéré comme un signe de protection, voire de miracle, attribué à l’intervention de Saint Martin, patron du lieu. Ce récit a contribué à la dévotion locale et à la persistance, jusqu’au milieu du XX siècle, d’un pèlerinage régional lors de la Saint-Martin (source : patrimoine-or-alpin.fr).
Si Metz-Tessy n’a pas de dragon ou de fée officielle, les histoires de trésors enfouis, elles, sont bien présentes ! Depuis la fin du XIX siècle, il se murmure qu’un butin aurait été caché quelque part sur le versant du Mont Sion à l’époque des invasions suédoises et espagnoles (XVII siècle). Paysans et bergers, selon la tradition orale, croyaient que certaines nuits d’orage, des lumières dansaient sur la colline, signalant l’emplacement d’un coffre d’or. Plusieurs tentatives d’excavation furent entreprises, sans succès, alimentant encore aujourd’hui l’imaginaire local.
Cette “quête du trésor” s’inscrit dans une tradition populaire très présente dans les Bauges, la Haute-Savoie et le Genevois (voir Enquête sur les récits de trésor en pays savoyard, Philippe Joutard, 2002).
Au-delà des grands récits, Metz-Tessy entretient ses fiertés : personnages marquants, histoires de familles, aventures singulières. Certaines “légendes privées” ont parfois plus de poids dans la mémoire collective que les mythes traditionnels.
Au début du XX siècle, la réputation de Claudine, une aubergiste renommée pour sa générosité, traverse tout le canton. Sa maison, qui existe encore rue du Lac, aurait abrité des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, selon plusieurs témoignages d’habitants recueillis lors des journées du patrimoine en 2017 (mairie de Metz-Tessy). On raconte que Claudine, surnommée « la Belle », aurait chaque Noël décoré son auberge d’une façon spectaculaire, repoussant ainsi symboliquement la peur et la tristesse de la guerre. Chaque année, certains habitants perpétuent encore cette tradition de guirlandes lumineuses, en souvenir.
Le ruisseau des Usses, qui traverse partiellement la commune, autrefois alimentait un moulin, aujourd’hui disparu. Une anecdote amusante subsiste : dans les années 1840, le sabotier du village se serait amusé à dérober les sabots laissés sur les berges pendant le lessivage du linge, les suspendant ensuite à la roue du moulin. Ce canular lui aurait valu une petite renommée, mais aussi une nuit au “violon” (prison de fortune locale). Ce fait divers, consigné dans les archives municipales, illustre ce goût du bon mot et de la farce caractéristiques des villages savoyards à l’époque.
Si la plupart des histoires ne prennent pas la forme de longues épopées, la mémoire de Metz-Tessy se partage à travers des coutumes et savoir-faire encore vivaces :
Certains lieux de Metz-Tessy conservent une aura particulière, à cause d’anecdotes, parfois relayées par des journaux régionaux, qui viennent enrichir le quotidien d’un soupçon de merveilleux.
Il existe une ruelle sinueuse, surnommée localement “le chemin du diable”, reliant le centre village à la colline sud. Si aucune trace officielle ne confirme une origine démoniaque, plusieurs anciennes familles racontent qu’on y aurait vu, à la tombée de la nuit, de “drôles de lumières” ou entendu des bruits de chaînes. Ce récit a été mentionné dans le recueil « Rumeurs et histoires villageoises du Genevois » (édition 1988). Aujourd’hui, ce chemin fait surtout sourire, mais certains évitent encore d’y passer seul à la nuit tombée.
Aux abords du cimetière se trouvent plusieurs “grosses pierres”, sur lesquelles, selon la tradition, les anciens s’arrêtaient pour “écouter les morts chuchoter”. Légende ou rite, cette habitude a alimenté des histoires d’apparitions, particulièrement lors de la Toussaint. Ces pierres sont évoquées dans les inventaires de l’association Paysages et Patrimoine du Fier (2016), qui encourage leur préservation comme témoins des croyances populaires.
Si la plupart de ces histoires sont transmis oralement, il existe un travail de collecte mené depuis une vingtaine d’années par des passionnés :
À Metz-Tessy, l’héritage légendaire se bâtit au jour le jour : une rumeur d’école, le souvenir d’une voisine généreuse, une énigme autour d’une chapelle. Cette pluralité fait la richesse de la mémoire locale, pourtant méconnue à l’échelle régionale.
Qui sait si, demain, les habitants continueront d’enrichir cette toile collective ? Les veillées d’autrefois ont laissé place au bouche-à-oreille, aux balades racontées et, parfois, aux partages sur les réseaux. À découvrir ou à inventer, les histoires de Metz-Tessy appartiennent à tous et méritent de continuer à animer le cœur du village.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la mairie dispose de documents et organise parfois des ateliers de collecte de mémoire. Quant aux promeneurs curieux, chaque rue offre ses propres secrets : il suffit de tendre l’oreille…
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